L'envers du décor, quand le Bio perd son sens.
Il y a quelques années, j'ai fait le choix de la conversion au bio. J'y croyais. Je pensais sincèrement rejoindre un label vertueux, une garantie de respect du vivant.
Mais la réalité m'a vite rattrapée. Avec le dispositif que j'ai mis en place sur la ferme, basé sur une approche en santé globale, tout était déjà naturel.
L'équilibre, la prévention, l'alimentation, l'immunité du troupeau... je n'avais pas attendu un tampon officiel.
Pourtant, au lieu d'un accompagnement, on subit plutôt des contrôles oppressants, le ton employé par les contrôleurs, les questions posées, la suspicion permanente... on a parfois plus l'impression d'être des délinquants que des paysans qui prennent soin de la terre.
Ils auraient pu s'appuyer sur nos bonnes pratiques pour faire évoluer leurs standards vers une meilleure qualité. Ils préfèrent les listes à cocher sans comprendre le fond.
Et puis, il y a eu le summum de l'absurdité, ce 17 avril 2026 : la vaccination obligatoire. Forcée en fait.
Par une opération militaire, une démonstration de force démesurée, 130 gendarmes, le PSIG, un poste de télécommunication mobile, des motos trial, des drones thermiques dans le ciel et une équipe de vétérinaires armés de fusils à fléchettes.
Mais le pire dans tout ça, malgré la maltraitance animale, leur stress, les effets secondaires d'un vaccin vieux de 2018, le pire, c'est l'hypocrisie totale du label.
Savez-vous ce qui est écrit noir sur blanc dans la réglementation officielle de l'Agriculture Biologique, celle sur laquelle s'appuie le cahier des charges d'Ecocert (Règlement Européen UE 2018/848) ?
« Les vaccins, les traitements antiparasitaires et les traitements prescrits dans le cadre de plans d'éradication obligatoires ne sont pas comptabilisés comme des traitements allopathiques. »
C'est un véritable tour de magie administratif ! Un animal subit une injection sous la contrainte d'un tel siège de policiers et de vétérinaires, mais sur le papier, par un simple jeu d'écriture, ça compte pour zéro... que dale....
L'organisme certificateur ferme les yeux, le tampon reste vert, et on passe à autre chose comme si de rien n'était.
Vous, clients vous êtes pris au piège d'un mensonge certifié.
Nous, éleveurs bio, nous sommes les otages d'un système schizophrène, forcés de nous plier a des règles imposées d'en haut pour survivre et garder nos certifications.
Nous subissons cette pression de plein fouet sans aucun recours possible, tout en restant "responsables" de la qualité de nos produits laitiers ou viande.
Les véritables responsables, ce sont ces organismes de certification qui, en parfait accord avec l'État, cautionnent et autorisent des processus déconnectés de la réalité du terrain.
Ils peuvent refuser la prise d'antibiotiques mais valident des vaccins sous autorisation temporaire.
Et à la fin de la chaîne, c'est toujours vous, le client, qui trinquez.
Vous achetez de la viande en pensant nourrir votre famille avec des produits sains, propres et naturels, alors qu'en coulisses, les institutions valident des pratiques imposées par la force des décrets.
Vous êtes floués. C'est pour toutes ces raisons que j'ai pris une décision, rompre mon contrat avec mon organisme certificateur.
Je refuse de cautionner plus longtemps cette mascarade administrative et ce système d'étiquettes qui a perdu son âme.
Aujourd'hui, je fais le choix d'être certi-acteur : une démarche libre, authentique, fondée sur la confiance directe avec vous, les consommateurs.
Pas de faux tampons, pas de compromis réglementaires absurdes.
Juste du vrai travail paysan, du respect du vivant en santé globale, et une transparence totale, d'humain à humain.
C'est avec vous, sur le terrain et en toute confiance, que je continue ce combat.
La confiance basée sur des actes plutôt que l'illusion du label.
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