đŸđŸ L'assemblĂ©e de Lug đ»đ»
La Lugnasad (« assemblĂ©e de Lug ») Ă©tait lâoccasion pour la tribu de choisir son roi : câĂ©tait bien Ă©videmment une fĂȘte d'obligation pour tous les membres de la « teuta ». Ne pas venir Ă la rĂ©union revenait Ă sâexclure de fait du groupe et Ă©tait gĂ©nĂ©ralement puni de mort.
Une autre interdiction concernait les guerriers qui ne devaient pas venir en armes (surtout avec une lance).
En effet, cela Ă©quivalait Ă remettre en question lâautoritĂ© royale (3) en rĂ©fĂ©rence Ă la coutume (prĂ©-celtique) oĂč la sĂ©lection du roi sâeffectuait par un combat entre les diffĂ©rents prĂ©tendants puis entre le vainqueur et lâancien roi. UltĂ©rieurement ce rituel deviendra une simple compĂ©tition athlĂ©tique, et le roi sera Ă©lu par lâassemblĂ©e des citoyens ou de ses reprĂ©sentants.
Mais, si le roi est le reprĂ©sentant terrestre du Dieu cĂ©leste, cette royautĂ© ne vient pas de son pĂšre spirituel. Il reproduit le vieux schĂ©ma nĂ©olithique du Dieu ne rĂ©gnant quâen tant quâĂ©poux de la DĂ©esse (dont la reine, prĂȘtresse de la Grande DĂ©esse est la reprĂ©sentante terrestre).
Coutume qui reproduisait sur le plan terrestre (« ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ») la hiérogamie du Ciel et de la Terre dont les récoltes étaient le fruit.
Ce rituel, attĂ©nuĂ© au fil des millĂ©naires, passa de lâunion charnelle avec une prĂȘtresse de la DĂ©esse (4) Ă un simple couronnement de sa main. Ă lâĂ©poque celtique cette intronisation Ă©tait souvent remplacĂ©e par un oracle oĂč le Druide, par le biais dâun sacrifice, vĂ©rifiait que les DivinitĂ©s acceptaient le nouveau roi. En Irlande la pierre de Fal (5) symbolisait cette intronisation « tellurique » se dĂ©roulant en un lieu hautement symbolique : la colline de Tara, lĂ oĂč Ă©tait enterrĂ©e Taltiu. Le « siĂšge pĂ©rilleux » de la geste Arthurienne est aussi le reflet de ce rite.
Le thĂšme de lâintronisation royale a Ă©tĂ© Ă©tudiĂ© par KR. Graves (Les Mythes celtes) et J. Fraser (Le rameau dâor). MĂȘme sâil a Ă©tĂ© modifiĂ© et amĂ©nagĂ© au cours des millĂ©naires, il constitue toujours la trame symbolique du pouvoir royal de lâĂ©poque celtique et explicite lâintrigue des chapitres 11 et 12 du roman de M. Bernard Bouyer « La jument de la nuit ».
Le roi celtique est le garant de la fertilitĂ© du pays. Il est qualifiĂ© de « bon » quand il est suffisamment « viril » pour fĂ©conder la terre et engendrer lâabondance de richesse dont il est le redistributeur (la terre en Ă©tant lâorigine) et ensuite le protecteur en tant que chef de guerre .
D'oĂč la « gaste terre » de la geste Arthurienne lorsque le roi ne remplit plus son rĂŽle, soit quâil soit avare (Bres), soit quâil soit devenu vieux, malade et impuissant (Amfortas). La maladie du roi peut lui faire perdre figure humaine, cf. « La Belle et la BĂȘte»(7). Il nâest pas innocent que cette « bĂȘte » ait lâaspect dâun lion, ni que ce soit une rose qui la transforme en ĂȘtre humain (8)
PĂ©riodiquement le pouvoir royal est remis en cause, et de jeunes hĂ©ros tentent de dĂ©trĂŽner le vieux roi en le « cocufiant », câest-Ă -dire en lui confisquant sa lĂ©gitimitĂ©. Nos ancĂȘtres pouvaient observer ce phĂ©nomĂšne chez des animaux sauvages vivant en groupe (cerfs, lions, loups).
DiffĂ©rents trios suivent ce mĂȘme schĂ©ma mythologique : Arthur/GueniĂšvre/Lancelot, Finn/GraĂŻĂźnnĂ©/Diarmaid ou Math/Y solt/Tristan.

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2August 11, 2026 222 2