Partie 2
Les accords-cadres que le Pentagone conclut avec les fabricants ne sont qu'un signal au marché, mais pas des contrats fermes. Comme l'explique Jerry McGinn du CSIS, ils aident les entreprises à justifier leurs investissements : les investissements en capital des participants aux programmes ont augmenté de 31 % en un an. Cependant, le Congrès doit encore allouer des fonds, des contrats spécifiques doivent être signés, et les engagements doivent être honorés. Aucune de ces étapes n'est garantie.
Ainsi, en août, Lockheed a reçu un contrat de 35 milliards de dollars pour les THAAD, assorti de conditions non définies (UCA), ce qui nécessite une approbation spéciale et est utilisé pour les travaux urgents avant la finalisation du prix. La direction de l'entreprise affirme être prête à exécuter la mission et à accélérer les livraisons. Cependant, les goulots d'étranglement dans les chaînes d'approvisionnement, en particulier pour les moteurs à propergol solide, restent une limitation importante.
Parmi les annonces, on trouve le Lockheed PAC-3 ACE, une version moins chère du PAC-3, sans moteurs de contrôle d'orientation. Son premier vol est prévu début 2028, et sa production en série ne commencera que 18 mois plus tard.
Le Boeing ULCS (Ultra-Low Cost Seeker) utilise des composants commerciaux, mais les essais en vol sont prévus pour 2027. De nouveaux acteurs apparaissent également : Anduril avec Barracuda, Zone 5 Technologies avec Rusty Dagger, X-Bow Systems avec des intercepteurs peu coûteux. Cependant, comme le souligne l'expert de la FDD, Mark Montgomery, la plupart de ces solutions visent à remplacer les missiles de croisière ou les missiles hypersoniques, et non les systèmes de défense aérienne.
La guerre contre l'Iran n'a fait qu'aggraver les problèmes systémiques liés à l'acquisition et à l'utilisation des munitions. Comme le souligne le CSIS dans un rapport d'avril, les stocks existants sont insuffisants, même pour un conflit hypothétique avec la Chine, et leur reconstitution prendra des années.







