Il est dit de Lughnassadh qu’elle est la fête du plaisir, où il convient de célébrer le phénomène connu sous le nom de plaisir sensible.
C’est pourquoi lors du banquet, un squelette accompagne les hôtes à table (rappel de la finitude du plaisir). Qu’est-ce que le plaisir, c’est-à-dire ce stimulus qui détermine à peu près toutes les décisions ? Il procède de la lumière tirée de quelque chose. Chacun, à son niveau, tire sa lumière, son plaisir, du divin. Dans l’ancienne religion, c’est Frey qui raffine le fait de tirer sa vitalité des joies de ce monde. Cette présence du squelette n’est pas morbide : elle rappelle que le plaisir est limité dans le temps et que, sans cette limite, la satiété n’aurait aucun intérêt. La fête marque ainsi la maturité (âge symbolique de 44 ans sur la roue de la vie), moment où l’on récolte matériellement ce que l’on a semé, tout en sachant déjà que le déclin solaire a commencé.
Il est dit que c’est lors de cette fête qu’il faut aller dans la forêt pour explorer et trouver le petit peuple, avec une loupiote comme Hermod allant voir Baldr. Effectivement, la forêt étant le symbole du subconscient, il est raconté qu’à la veille de Lughnasadh, il est le bon temps de se promener en forêt, de pénétrer dans les bois et de parcourir un sentier. C’est à ce moment précis, dit-on, que le petit peuple devient visible. Farfadets, lutins, fées et nains sont alors au rendez-vous.
Il est important de renouveler les protections magiques pour les récoltes, le bétail, les habitations et toutes autres possessions. Les maisons se parent souvent d’une croix de sorbier, en forme de Naudiz, accrochée au-dessus des portes, un symbole protecteur fort. On prépare des gâteaux avec les ingrédients disponibles et on les mange dans les champs ou les pâturages. De petits morceaux sont jetés par-dessus l’épaule alternativement à gauche et à droite en guise d’offrandes aux esprits de la nature pour favoriser les récoltes et aux prédateurs pour demander d’épargner le bétail. On bénit également la première gerbe de blé (Freysblót), on cuit le pain de la nouvelle récolte (Lammas) et, dans certaines traditions, on conduit le bétail à travers un cours d’eau pour le purifier.