3921_INFOG_WEB_IDEES_nous_les_francais_4En cette rentrée littéraire (https://www.lexpress.fr/culture/livre/rentree-litteraire-ces-cinquante-livres-qui-risquent-de-faire-parler-deux-ZMSRGRR6UZCNHJFTJAIM5VY2LU/), Nous les Français pointe également la chute de la lecture chez les cadres. Les CSP+ ne lisent plus en moyenne que 17 livres dans l’année, contre 26 en 2023, soit autant que les ouvriers et les employés. Alors qu’une bibliothèque volumineuse était un marqueur social de réussite, le livre a connu un déclassement manifeste. "Désormais, on range les livres par couleur, et même à l’envers, avec la tranche qui est plus jolie, sans le titre et l’auteur. Le livre n’est, au mieux, plus qu’un objet de décoration", analyse Gérald Andrieu. Autre évolution saisissante : la distance moyenne parcourue par un ministre au cours de sa carrière, entre les grandes étapes de sa vie personnelle et politique. Franck Dedieu a comparé le gouvernement Pierre Mauroy de 1981 à celui de Gabriel Attal (https://www.lexpress.fr/politique/gabriel-attal-en-une-du-jdd-de-kiev-aux-medias-bollore-une-strategie-assumee-XOC3UYUITRDILFJZOCWDBQ7XDM/) en 2024. Là où l’équipe Mauroy dépassait en moyenne les 2 000 kilomètres, un ministre sous Attal n’avait parcouru que 522 kilomètres. Né à Clamart dans les Hauts-de-Seine, Gabriel Attal a fait l’Ecole alsacienne, Sciences po et l’université Panthéon-Assas sur la rive gauche parisienne, avant d’être élu député dans son département natal, puis de passer par le ministère de l’Education, Matignon ou Bercy. L’âge moyen sous Mauroy était de 55 ans et 6 mois, contre 49 ans et 11 mois pour le gouvernement Attal. Un portefeuille ministériel était jadis une consécration d’un long cheminement politique, il n’est plus qu’une étape, souvent brève. Bien plus d'arrières-grands-parentsBien sûr, tout n’était pas mieux avant. Alors qu’en 1940, un bébé français ne disposait en moyenne que de 0,5 arrière-grand-parent, celui né en 2000 en connaissait presque deux (1,8). Une évolution due à l’allongement de la vie, d’autant plus forte que la parentalité survient plus tardivement, avec un âge moyen du premier enfant qui est passé de 23 ans en 1946 à 29 ans en 2023. Que retenir de cette dense et vaste cartographie ? Peut-être que la thèse de l’archipel français théorisée par Jérôme Fourquet mérite un amendement. Nous ne sommes pas une nation divisée en multiples îlots fixes, mais des communautés changeantes au fil de notre agenda. "Dans la même journée, on peut être séparé de certaines catégories sociales en pratiquant une activité sportive ou une activité culturelle, mais on pourra les croiser en se rendant chez Action, où plus de 20 % des Français ont déjà fait un achat. Il faut imaginer des bulles de collectivité qui se croisent ou s’éloignent au fil des heures", souligne Gérald Andrieu, avant de conclure : "ce qui nous rassemble et nous divise est temporaire."Nous les Français, par Gérald Andrieu, Jean-Laurent Cassely, Laure Coromines, Franck Dedieu, Laureline Dupont et Raphaël Llorca. Robert Laffont, 224 p, 25 €. Parution le 27 août.