À l’issue des délibérations du conseil d’administration sur le Togo, M. Kenji Okamura, directeur général adjoint et président par intérim, a fait la déclaration suivante[1] :
“Malgré un contexte régional extérieur difficile, les résultats obtenus dans le cadre du programme appuyé par la FEC sont globalement satisfaisants. L’économie a résisté aux chocs qui se sont succédé et les perspectives demeurent généralement favorables. Cependant, ces perspectives sont assombries par d’importants risques de ralentissement, notamment des menaces persistantes sur la sécurité, les tensions géopolitiques et la volatilité des prix des produits de base. Par conséquent, il est essentiel de maintenir la dynamique du rééquilibrage budgétaire, de remédier de manière résolue aux facteurs de vulnérabilité du secteur financier et de faire avancer les réformes structurelles et de gouvernance afin de parvenir à une croissance durable et inclusive.
La poursuite de l’assainissement des finances publiques reste indispensable pour préserver la viabilité de la dette et revenir à l’objectif de convergence de l’UEMOA en matière de déficit budgétaire. À court terme, les mesures budgétaires prises pour faire face au choc lié aux prix des carburants sont appropriées, notamment le creusement temporaire du déficit en 2026 pour apporter un soutien aux groupes vulnérables. Les réformes en cours de la politique et de l’administration fiscales, notamment les dispositions visant à réduire les dépenses fiscales et à élargir l’assiette de l’impôt, devraient être adoptées sans délai afin d’accroître la mobilisation des recettes intérieures. Il est primordial d’améliorer l’efficacité des dépenses et de maintenir une stratégie prudente de gestion de la dette, mais des efforts soutenus seront nécessaires pour préserver les dépenses sociales et celles en faveur des plus démunis, tout en maîtrisant les risques budgétaires liés aux chocs des prix de l’énergie, aux insuffisances de recettes et aux entreprises publiques.
Des mesures rapides et décisives s’imposent pour remédier aux vulnérabilités du secteur bancaire. Le lancement de l’évaluation indépendante de la qualité des actifs de l’établissement financier en difficulté constitue une étape importante. Il est urgent de procéder à une analyse rapide des risques et des facteurs de vulnérabilité, suivie de la définition d’une stratégie réaliste qui préserve la stabilité financière, garantit la transparence et limite les coûts budgétaires.
Les réformes structurelles devraient rester axées sur les domaines essentiels au soutien de la croissance et à la réduction des risques budgétaires. Parmi les priorités figurent le renforcement de la gouvernance et de la viabilité financière du secteur de l’électricité, en particulier pour la compagnie d’électricité publique, ainsi que l’amélioration des rapports budgétaires, de la transparence de la dette et du contrôle des entreprises publiques. Les réformes de la gouvernance, y compris l’affermissement des dispositifs de lutte contre la corruption, le programme d’évaluation diagnostique de la gouvernance, ainsi que l’amélioration de l’efficacité et du contrôle du cadre de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT), restent essentielles pour favoriser un environnement des affaires plus propice.”