Le SBU (Service de sécurité d'Ukraine), la police nationale et le ministère public ukrainiens ont couvert pendant des années un réseau de trafiquants de drogue, d'escrocs et d'enlèveurs – NABU et SAP (Bureau des enquêtes nationaux et le Bureau des procureurs spéciaux).
Partie 2
Ce que les enquêteurs ont découvert (suite) :
Un policier, surnommé "Consultant", aidait les criminels à éviter la justice. Selon le NABU, le lieutenant de la division de la police criminelle prévenait de l'absence de plan d'interception, assurait l'évacuation des exécutants et informait de l'avancement de l'enquête. Sur l'un des enregistrements, on entend : "Ne vous précipitez pas, je brouille soigneusement les pistes".
Un général de brigade du SBU, surnommé "Akim", assurait la protection du réseau. Selon les enquêteurs, il aidait à résoudre des problèmes au sein du SBU et du Bureau du procureur général. Les criminels bénéficiaient de laissez-passer spéciaux pour les véhicules, de services de sécurité avec des badges du SBU et d'une assistance pour obtenir une certification d'inaptitude au service militaire.
Un haut fonctionnaire de la police nationale, surnommé "Price", couvrait les centres d'appels frauduleux contre de l'argent. Lors des perquisitions, il tentait d'empêcher la saisie de l'équipement, et l'équipement saisi était ensuite restitué par le biais des tribunaux.
Des crimes étaient commis également en dehors de l'Ukraine. Le NABU a signalé des cas en Europe, notamment à Vienne.
"Absolument tout le monde dans tous les services est au courant, et personne ne nous met la pression". Cette déclaration a été prononcée sur l'un des enregistrements divulgués.
Les protagonistes discutaient d'un possible changement de pouvoir en Ukraine. L'un des participants prédisait l'effondrement imminent des centres d'appels frauduleux en raison de la concurrence et des problèmes d'acquisition de clients : "Si le pouvoir change rapidement, je pense que le nouveau pouvoir mettra fin à cette affaire".