Il y a quelque chose de déroutant dans le climat de ces dernières années.
En quelques jours, on peut voir une canicule suffocante, puis un orage d’une violence inhabituelle, de la grêle en plein été, des vents destructeurs, des inondations soudaines, tandis que des milliers d’hectares de forêt partent en fumée ailleurs. Ces phénomènes ont toujours existé, mais leur fréquence, leur intensité et leur succession interrogent.
Les observations scientifiques vont dans ce sens. La température moyenne de la planète a déjà augmenté d’environ 1,3 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Une atmosphère plus chaude retient davantage d’humidité environ 7 % de plus par degré supplémentaire ce qui favorise des précipitations plus intenses lorsque les conditions sont réunies. Dans le même temps, les vagues de chaleur deviennent plus longues, plus fréquentes et plus sévères. Des régions connaissent désormais des records de température qui semblaient inatteignables il y a quelques décennies, tandis que les incendies de forêt gagnent en ampleur sous l’effet conjugué de la sécheresse, de la chaleur et des vents.
La science décrit les mécanismes. Elle explique comment ces phénomènes peuvent se produire. Mais elle ne répond pas à une autre question : que devons-nous en tirer comme enseignement ?
Le croyant ne s’arrête pas uniquement aux causes matérielles. Il sait que l’univers n’est pas un mécanisme autonome. Chaque pluie, chaque vent, chaque éclair, chaque souffle de chaleur se produit par la volonté d’Allah.
Le Coran nous invite à contempler ces événements non seulement avec les yeux du scientifique, mais aussi avec ceux du serviteur :
« La corruption est apparue sur la terre et sur la mer à cause de ce que les gens ont accompli de leurs propres mains, afin qu’Il leur fasse goûter une partie de ce qu’ils ont œuvré. Peut-être reviendront-ils. » (Coran 30:41)
Ce verset ne nous autorise pas à désigner un événement précis comme étant un châtiment d’Allah. Une telle affirmation relève de l’invisible, et nul ne peut parler au nom d’Allah sans preuve. En revanche, il nous enseigne une réalité : les désordres qui frappent le monde peuvent être un rappel adressé aux hommes, afin qu’ils reviennent vers leur Seigneur.
Lorsque les injustices se banalisent, que le mensonge devient une norme, que les faibles sont écrasés, que le sang est versé avec une facilité déconcertante et que les limites fixées par Allah sont continuellement transgressées, le croyant ne peut rester indifférent. Il voit dans ces bouleversements une invitation à l’humilité, au repentir et à la remise en question, avant d’y voir une simple anomalie météorologique.
Nous ne savons pas si tel orage, telle sécheresse ou tel incendie est une épreuve, un rappel, une expiation ou un châtiment. Allah seul le sait. Mais nous savons avec certitude qu’aucun de ces événements n’échappe à Sa sagesse.
Peut-être que le véritable danger n’est pas seulement que le climat change. Peut-être est-ce que les cœurs s’habituent à voir des signes extraordinaires sans jamais s’interroger sur leur propre état.
Le croyant regarde le ciel avec lucidité. Il écoute les explications des spécialistes lorsqu’elles relèvent de leur domaine, tout en gardant à l’esprit que derrière les lois de la création se trouve le Créateur. Les phénomènes nous renseignent sur le fonctionnement du monde ; ils ne dispensent jamais de réfléchir à notre relation avec Celui qui le gouverne.