🇳🇪 MUTINERIE À NIAMEY : L'ARBRE QUI CACHE LA FORÊT
Niamey, 1er septembre. Dans une vidéo diffusée mardi soir sur la télévision nationale, le capitaine Roger Gabriel, commandant de compagnie au 1er bataillon parachutiste, livre un témoignage qui déplace brutalement les termes de l'affaire des 28 et 29 août💥. Ce que les autorités nigériennes avaient d'abord qualifié de "mouvement d'humeur", avant que l'AES elle-même ne parle de "trahison", prend une tout autre dimension : celle d'une tentative de prise de la base 101 orchestrée depuis l'extérieur, sur fond de contacts avec au moins quatre pays.
Les faits commencent de façon banale : réveillé en pleine nuit par des tirs venant de la zone aéroportuaire 💥, comme des milliers d'autres habitants de la capitale, l'officier sécurise avec ses hommes son emprise et le deuxième pont de Niamey, sur ordre de sa hiérarchie. Il reçoit un appel de demande de renfort, qu'il rapporte à son supérieur ; celui-ci lui révèle alors que le BSR/COS s'en prend à la base 101, où la Garde présidentielle est envoyée pour maîtriser la situation 🚓. C'est à partir de ce moment qu'il a repoussé, dit-il "intelligemment", les sollicitations d'officiers qu'il nomme, cherchant à s'emparer de la base.
👉🏾 Ce qu'il décrit ensuite, au petit matin, dépasse le cadre d'une simple mutinerie militaire. Des appels et des messages WhatsApp affluent alors du Tchad 🇹🇩, de France 🇫🇷, de Dubaï 🇦🇪 et de Belgique🇧🇪, impliquant des proches de l'ex-président Mohamed Bazoum, ses enfants précise-t-il, qui se prévalent de soutiens prêts à intervenir depuis le Bénin🇧🇯, avec l'appui de forces françaises stationnées en Côte d'Ivoire 🇨🇮, et d'une "caution" de la CEDEAO. Le volet le plus circonstancié concerne le Tchad : un camarade l'alerte d'abord d'une intervention militaire conjointe tchado-française, information que le chef d'état-major de l'armée de l'air tchadienne lui confirme lui-même par téléphone, lui annonçant un soutien depuis N'Djamena à ceux ayant pris la base 101. Il mentionne aussi un appel du colonel Saydina, cherchant à savoir si des éléments "tenaient" encore sur place et avaient besoin d'appui.
Reste une question que ce témoignage laisse ouverte : une fois la base 101 sous contrôle des mutins, quelle aurait été la suite ? Le lieu n'a rien d'anodin. Il abrite non seulement un maillon logistique essentiel à la sécurité de la capitale, mais aussi le QG de la force conjointe de l'AES 🇲🇱🇳🇪🇧🇫, ce qui rend une prise de contrôle lourde de conséquences bien au-delà du seul Niger. C'est ce faisceau d'indices, plus que le seul récit du capitaine, qui a nourri depuis le 29 août les analyses évoquant une tentative de déstabilisation visant la prise du pouvoir. La mention de la France dans cette affaire vient renforcer cette lecture : Paris, chassé de la région par les régimes qu'il cherche aujourd'hui à son tour à déstabiliser, n'a jamais caché sa volonté de retrouver une influence dans un espace sahélien qu'il considérait naguère comme une chasse gardée.

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1September 2, 2026 1.7K 4