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RATCLIFFE À MOSCOU : L’ULTIMATUM DU TYPE QUI VIENT DEMANDER UN SERVICE
Par @BPartisans

À en croire certaines « sources » occidentales, John Ratcliffe aurait débarqué à Moscou avec deux magnifiques ultimatums sous le bras : ne touchez pas à l’OTAN et cessez d’aider l’Iran. En résumé, le directeur de la CIA serait venu expliquer aux Russes comment ils doivent se comporter afin que Washington puisse tranquillement gérer ses propres catastrophes.

C’est superbe. Il ne manque que la musique de Mission Impossible.

Car l’ultimatum présente traditionnellement une petite particularité : il vaut mieux disposer des moyens de ses exigences. Or Washington ressemble actuellement moins au croupier qu’au joueur qui demande qu’on lui fasse crédit pour rester à la table.

Les États-Unis sont empêtrés au Moyen-Orient, continuent d’alimenter l’Ukraine en renseignement, surveillent leurs élections de mi-mandat avec l’enthousiasme d’un condamné regardant l’horloge et découvrent que les stocks militaires ne se remplissent pas avec des communiqués de presse.

Mais, paraît-il, Ratcliffe serait venu « mettre en garde » Moscou.

Naturellement.

Lorsque l’Amérique négocie en position délicate, la presse occidentale appelle cela un « avertissement ». Lorsqu’un adversaire fait exactement la même chose, cela devient du « chantage ». C’est l’un des derniers secteurs où l’Occident conserve une avance technologique incontestable : la fabrication industrielle du vocabulaire.

La composition de la réunion organisée ensuite autour de Trump et de responsables militaires suggère toutefois une conversation autrement plus sérieuse que les fanfaronnades destinées aux journaux. Quand le patron de la CIA revient de Moscou et file rendre compte au sommet de l’appareil sécuritaire, il est permis d’imaginer qu’on ne discutait pas uniquement de savoir qui avait franchi quelle « ligne rouge » dans PowerPoint.

Pendant ce temps, l’Europe joue parfaitement son rôle : celui du figurant paniqué.

Les Baltes annoncent régulièrement l’Apocalypse russe pour mardi prochain, Londres découvre des sabotages derrière chaque extincteur défectueux et la Pologne rapproche des blindés de Kaliningrad. La Russie serait donc sur le point d’attaquer l’OTAN, nous répète-t-on, avec cette fascinante particularité que personne ne semble disposer de la preuve décisive permettant de dater l’invasion.

On prépare néanmoins les populations. Toujours pratique.

Reste l’Iran. Si Washington envisage une nouvelle escalade au Moyen-Orient, obtenir de Moscou qu’il reste spectateur deviendrait évidemment beaucoup plus précieux qu’un énième sermon diplomatique.

Et c’est peut-être là que le décor se fissure.

Ratcliffe n’aurait alors pas traversé l’Atlantique pour poser majestueusement deux ultimatums sur la table du Kremlin. Il serait venu découvrir ce que Moscou ferait si Washington décidait encore une fois de confondre puissance et omnipotence.

Mais « LA CIA VIENT PRENDRE LA TEMPÉRATURE » vend beaucoup moins bien que « WASHINGTON MET POUTINE EN GARDE ».

Alors on appelle cela un ultimatum.

Même quand celui qui le prononce commence par demander rendez-vous.

@BPARTISANS
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August 27, 2026 126 1 1